Mes projets…


* Retourner sur la route…

Traverser les USA d’Est en Ouest, au volant d’un Pickup, mes appareils photo à côté de moi.
Aller à la rencontre des Farmers, des Cowboys et Cowgirls, rouler sur la route de la country life, effleurée un an plus tôt dans l’Alberta. Travailler comme wwoofer, afin de découvrir la réalité de cette vie. La comprendre et la donner à voir à travers toutes ses activités.



* Plus tard…

Lorsque je me sentirai assez forte, ou pas…, je retournerai à la rencontre des Premières Nations du Canada, pour tenter de montrer au monde ce que j’ai vu dans leurs regards…
De 1880 à 1996, plus de 150000 enfants, âgés de 6 à 16 ans, ont été arrachés à leurs familles et envoyés dans l’un des 139 pensionnats, les Residential Schools, administrés par les paroisses (de l’Eglise Unie ou Catholique, pour la plupart) sur des fonds fédéraux (à savoir que le Canada est une monarchie, son chef de l’état est la reine d’Angleterre). L’objectif de ces institutions était clairement de « tuer l’Indien dans l’enfant ». Près de 50000 enfants, selon le pasteur Kevin Annett (et les associations luttant pour la reconnaissance d'un génocide), sont morts de froid, de privation, maltraitance, abus sexuels ou tortures en tous genres ; certains ont même servi de cobayes pour des expériences scientifiques…
Le nombre des décès varie selon les sources d'information, mais peu importe, rien n’enlèvera à la violence de la vie de ces enfants, à la violence de leur mise en terre par les autres enfants eux-mêmes dans des charniers cachés à l’arrière des pensionnats, à la violence du silence du gouvernement canadien, de la couronne d’Angleterre et des Eglises concernées.
Peu importe les chiffres, la vérité se lit dans les regards des survivants, comme dans le regard de leurs petits enfants…
Emprunter la Highway 16 au nord de la Colombie Britannique, où tant de jeunes femmes autochtones ont disparu dans la plus grande indifférence.
Traverser Downtown East Side à Vancouver, se retrouver perdu sur ses trottoirs bondés de personnes sans-abri ou presque, toxicomanes et alcooliques. Etouffer de voir autant de violence dans une seule rue, à seulement quelques blocs du centre touristique. Rassurez vous, rares sont les personnes qui s’aventurent jusque là…
Traverser la minuscule réserve Cree au sud d’Edmonton (Alberta), et plus particulièrement la triste ville de Mackwacis où, sur une population de 1500 habitants, 40 personnes se sont suicidées entre 2013 et 2015.
Aller faire un tour dans le nord du Canada, entre Moosonee et Attawapiskat (Ontario), où 86 personnes sur 2000 ont essayé de mourir la même année.
Partout… à Calgary dans l’Alberta, sur les îles de Vancouver Island, à Whitehorse dans le Yukon… dans les rues, les stations de bus, partout… assister aux ravages de l’alcool et de la drogue. Partout la vérité si longtemps passée sous silence et ignorée se lit sur les visages, pour qui veut bien regarder…
Mais comme m’a dit une autochtone à Vancouver, « en général les blancs nous ignorent, on leur fait peur »…

« Your grandfather was a hero in a war, girls. He wasn't a bad man or a weak man. Maybe he was too old to have a second family, a second wife and your mother and me, so many years after he lost his first. Maybe he was too old to fight anymore, and that's why he let me be taken away. I've thought about this for years and years. All I know is there are no heroes in this world. Not really. Just men and women who become old and tired and lose the strength to fight for what they love any longer ».
(Joseph BOYDEN, « Through Black Spruces »)

(cf liens ci-joints pour en savoir plus)



* Un jour…

Continuer la route jusqu’à trouver cet endroit que l’on appelle « home »…

« Je suis venue au monde pour traverser tout ce que j’ai traversé, pour abîmer mon cœur et tout mon être, pour faire des tours et des détours, et puis le [trouver]… et enfin affirmer que l’histoire ne se répète pas. Tous les labyrinthes ont une entrée et une sortie, peu importe le temps qu’il faut pour la trouver…

 Jour après jour, nous devons nous répéter que dans la vie tout finit toujours bien. Et si ce n’est pas le cas, si les choses ne marchent pas comme elles devraient, c’est que nous ne sommes pas encore arrivés au bout de la route…

La seule chose qui compte, c’est de continuer à croire… que tout est possible… »
(Mélanie PANNIER, « Sur la route de la Loba »)

Je rêve ? Et alors ?
Oscar Wild disait « Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec, on atterrit dans les étoiles ».
Croire pour continuer à vivre…

Top