Le premier temps de la route… Se retrouver seul avec soi-même. Se sentir envahi par une solitude à couper le souffle et par toutes ces peurs si bien cachées dans notre quotidien. Et puis trouver la force et le courage de laisser ces peurs être au grand jour, afin de mieux les affronter. Avancer timidement à la rencontre de soi-même et de cet instinct endommagé et ignoré pendant si longtemps…
Le premier temps de la route… des paysages et peu d’humains. Seul au contact de l’immensité des possibles de la Terre Mère, réapprendre à réspirer…




Voyager seul c’est se laisser aller dans l’immensité des possibles de l’instant présent. C’est apprendre à se laisser surprendre par la vie. Suivre l’imprévu, lâcher prise et ne plus chercher à tout contrôler. Comme l’eau de la rivière, on se laisse aller à suivre le courant, on ne cesse jamais d’avancer, de se mouvoir, de se transformer. Perpétuellement dans l’Instant présent…
Voyager seul, c’est se rapprocher chaque jour un peu plus de soi-même, au fil des rencontres, des aventures et mésaventures. Chaque jour, quelque chose se présente à nous pour tester notre patiente, notre persévérance, notre flexibilité, comme notre capacité d’accommodation et d’adaptation. Et chaque jour, on devient un peu plus apte à sourire à tout ce qui arrive, que ce soit bien ou mal. On accepte et on tire partie de chaque événement, en se disant que tout ce qui arrive à une raison d’être. Alors on regarde un peu plus attentivement tout autour de nous, à la recherche de cette raison. Ce peut être un infime détail, mais même le plus petit détail d’une journée peut avoir des répercussions sur l’ensemble du voyage à venir…
Voyager seul c’est s’ouvrir, comme une fleur au printemps. Lentement, au gré des échanges on apprend à ouvrir notre esprit, notre âme, notre cœur et avant tout notre regard à toutes les personnes qui croisent notre route. Un simple sourire dans la rue, un « bonjour ! Comment allez-vous aujourd’hui ? » sur le pas de la porte d’un commerce, le partage d’un taxi, le partage de recettes dans la cuisine d’une auberge de jeunesse, de photos de baleines sur un ferry boat, une conversation amusante et réconfortante dans la salle d’attente lugubre d’une station de bus, une discussion et une accolade plus que chaleureuse avec la patronne d’un motel… On se nourrit de chacune de ces rencontres, aussi brèves soient-elles. Elles nous donnent la force de continuer autant qu’elles nous révèlent à nous-mêmes. Comme le soleil donne chaque jour la force à la fleur de s’épanouir…
Voyager seul c’est se défaire des contraintes liées à notre entourage quotidien et à notre histoire.
On cesse de faire les choses pour les autres ou en se demandant ce qu’ils penseraient. On est seul face à nos choix et aux routes qui s’offrent à nous. On se sent de plus en plus libéré de tout ce qui nous retenait, nous bloquait. On trouve du plaisir à dire enfin « non », mais ensuite encore plus à dire « oui » ! On cerne avec plus de clarté ce que l’on ne veut pas et si on ne sait pas encore pour autant ce que l’on veut, on commence à savoir quelle est la route qui nous plait le plus, au plus profond de nous…
(Extrait de Sur la Route de la Loba – Mélanie PANNIER)
Voyager seul c’est apprendre encore et toujours plus, du monde, des autres et de soi-même. Même si c’est souvent effrayant, chaque jour la route a quelque chose à apprendre à celui qui ose laisser son instinct être guidé par elle…





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